Hola,
nous revoilà à Atacama avec Maloune et Bernard pour découvrir les fantastiques paysages et les décors surnaturels que nous offre la nature dans cette région aride.
Au très petit matin, vers 4 heures, nous prenons la route en direction des Geisers de Tatio. Je parle de route mais en réalité nous nous retrouvons sur une piste bien abimée et vertigineuse sur
laquelle nous tentons des pointes à 50 kilomètres heure... Bref, 2 heures plus tard nous arrivons sur une autre planète, extraordinaire.
Des champs de geisers s'élevent de tous côtés. La lumière du soleil levant dessine des fantômes de fumée et des entrailles de la terre
jaillissent des jets d'eau brûlant tout autour de nous. Prenez garde à ne pas vous faire arroser.
Mais les vapeurs de souffre nous montent bientôt à la tête et sans trop traîner nous reprenons la piste en sens inverse. La nuit nous avait cachés la beauté des paysages de l'altiplano (plaine
d'alititude) qui se dévoilent maintenant à plus de 4000 mètres d'altitude.
El zorro (renard), la vicona (vigogne, sorte de petit lama) o el viscacha (lapin des andes) sont parfaitement adaptés à la
rudesse du climat et de l'altitude. Quelques touffes d'herbe pour les uns, quelques mulots pour les autres et le désert prend vie.
Au sud du village de San Pedro s'étend le plus vaste salar du pays. Les volcans enneigés que l'on distingue dans le lointain culminent à plus de 5000 mètres d'altitude et servent de frontière
avec l'Argentine et le Bolivie. La niege qui fond sur ces sommets s'infiltre et s'écoule lentement vers la plaine. En arrivant sous le salar, elle rencontre des couches de terres
imperméables. L'eau, emprisonnée, s'évapore doucement formant des sculpures de sel à perte de vue. Malgrè l'aridité des lieux une flore et une faune s'organisent en parfaite harmonie. Nous
croiserons de magnifiques lézards gris et jaune et de nombreux oiseaux dont les fameux flamands-roses andins et chiliens.
Mais quels sont ces étranges animaux aquatiques qui toisent le désert en contrebas en faisant des pirouettes dans l'eau
turquoise? Cette oasis "Peine" au pied de la chaîne des volcans nous offre un agréable bain rafraîchissant avant de nous lancer dans la grande traversée du salar d'est en ouest. Le retour
est amorcé...
Après 6 heures de route dans le désert brûlant, nous atteignons la côte d'Antofagasta où nous plantons la tente. Je regrette vraiment de ne pas avoir pris Bernard en photo quand il rentre
dans sa tente. Le premier soir, j'ai bien cru mourir de rire. Pour ceux qui ne connaissent pas Bernard, imaginez un géant de 112 kilogrammes rampant pour tenter de rejoindre ses pénates
dans une antique canadienne au toit pointu, modèle micro de randonnée, le top du top il y a 30 ans, dégotée pour l'occasion !!! Un grand grand merci au copain qui l'a prêtée
généreusement...
Et au petit matin, le pélican de Pâques avait caché des oeufs dans les coquilles saint-jacques... Quel farceur!
En manque de verdure et de fôrets vosgiennes nous mettons le cap vers la vallée de l'Elqui berceau de la production de
"Pisco"(alcool national du Chili), un oasis de vignes irriguées entre cactus et sommets désertiques.
Devinez ce que vous voyez sur cette photo?
Pour rentrer à Santiago, nous quittons la vallée de l'Elqui par une piste de montagne rejoignant Ovalle, coeur de la région des
"Molle" (lire moyé) faisant partis des premiers peuples du Chili. Cette piste qui devait être un raccourci est l'une des plus belles que l'on ait emprunté depuis le début de notre voyage. Des
cactus, des vignes, des cols et des sommets multicolores résument cette traversée inattendue.
Un peu nostalgique de ces années dans la marine, Bernard rêve de visiter Valparaiso dans l'espoir de pouvoir admirer l'"Esméralda", voilier école, en rade dans ce port du Chili.
Valparaiso est aussi décrite dans de nombreux romans et fût un lieu d'inspiration pour Pablo Neruda. Quarante-cinq collines
recouvertes de maisons de toutes les couleurs dominent le port marchand. Une dizaine d'ascenceurs permette de les gravir sans effort.
Malheureusement le voilier n'était pas là. A défaut nous avons vu la maquette dans le magnifique musée de la marine. Réputée
pour ces bas quartiers et ces vols fréquents, Valparaiso cache de nombreux pirates repentis ou en mal d'inspiration...
Au détour d'une ruelle, nous l'avons échappés belle. Deux terribles corsaires s'en sont pris à notre bourse. Terrorisés nous avons cédé sans discuter avant de prendre nos jambes à nos
cous...
Et voilà aujourd'hui l'avion nous attend et j'en ai gros sur la patate....
Adieu le Chili, on se reverra.
Par los viajeros
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